PIFFF 2017 – Preview

Quoi?! C’est déjà le moment du PIFFF! Comment cette année a pu passer aussi vite!? Tant mieux vous me direz, car tous les ans, on l’attend comme le cadeau de Noël avant l’heure! Cette année, pour sa 7ème édition, c’est les chauve-souris qui envahissent Paris et le Max Linder Panorama du 5 au 10 décembre.

La compétition s’avère encore de très haut niveau avec The Endless de Aaron Moorehead et Justin Benson qui remportèrent l’œil d’or en 2014 pour Spring (que je n’avais d’ailleurs pas trop aimé), mais paraît-il que celui-ci est la suite de Resolution, leur premier, que j’avais pour le coup adoré. Du côté des  États-Unis toujours, il y aura aussi Dave Made a Maze de Bill Watterson, une comdie fantastique peuplée de personnages aussi parodiques que décalés, puis Tragedy Girls de Tyler Macintyre, satire grinçante dans cette comédie gore qui n’est pas sans rappeler le décapant Heathers et enfin 68 Kill de Trent Haaga, une comédie trash qui lorgne du côté des polars des frères Coen. Le Japon est représenté par Ajin : Demi-Human de Katsuyuki Motohiro, une adaptation d’un hit du seinen manga signé Gamon Sakurai. Juan Carlos Medina au Royaume-Uni nous propose GOLEM, le tueur de Londres adapté du roman du même nom de Peter Akroyd. La France est représenté cette année par Coralie Fargeat qui nous présente Revenge, une relecture féministe d’un des genres les plus controversés et machistes qui soit : le rape & revenge. Tigers are not Afraid de la Mexicaine Issa Lopez, est un conte initiatique dont l’action se déroule dans les bas-fonds d’une ville rongée par la crise. Caye Casas et Albert Pintó représentent l’Espagne avec Matar a Dios, un premier long-métrage braconne ouvertement sur les terres d’Alex de la Iglesia et illustre de façon décapante les failles de la nature humaine. Et enfin, Sicilian Ghost Story, une co-production Italo-Franco-Suisse, réalisé par Fabio Grassadonia et Antonio Piazza est une douce et étonnante love story dans laquelle une adolescente use de son imagination pour affronter la cruauté du monde adulte.

Revenge (2017) de Coralie Fargeat

Hors-compétition et  en première française et en présence des réalisateurs, il y a la préquelle sauvage du chef d’œuvre de Tobe Hooper, Leatherface, réalisé par Julien Maury et Alexandre Bustillo. Pour l’ouverture, nous aurons le droit à A Ghost Story de David Lowery, un drame intimiste dont l’apparente simplicité cache en réalité une vertigineuse réflexion sur les thèmes du temps qui passe et de l’amour éternel. En clôture, en totale opposition à l’intimisme de l’ouverture, c’est Shin Godzilla de Hideaki Anno et Shinji Higuchi, politique, métaphysique et poétique, désormais l’horizon insurpassable du kaiju eiga. C’est aussi deux films de Takashi Miike qui nous sont proposés (et oui, ecnore lui, il n’arrêtera donc jamais) Blade of the Immortal, son 100ème film, adaptation de L’Habitant de l’infini, manga fleuve de Hiroaki Samura, qui secoua la dernière croisette, et JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond Is Unbreakable – Chapter 1 une énième anthologie WTFesque dans la veine des Dead or Alive. Il nous revient j’espère plus en forme que jamais, le réalisateur de Torque, Joseph Kahn présente Bodied, OVNI consacré à l’univers impitoyable des rap battles, en première internationale, avec le réalisateur présent! Encore un zombie flick me direz-vous, en effet, Mayhem de Joe Lynch dont l’énergie et l’ingéniosité transcendent les limites d’un modeste budget. Une coproduction franco-japonaise entre Shōjirō Nishimi et Guillaume Renard aka Run qui adapte sa propre BD Mutafukaz, je dis oui! Et enfin, le Japon toujours, sur représenté ici avec Survival Family de Shinobu Yaguchi, un road movie existentiel sur fond d’apocalypse urbaine.

Shin Godzilla (2016) de Hideaki Anno et Shinji Higuchi

Trois séances cultes toujours cette année, avec 3615 code Père Noël du français René Manzor, un huis clos horrifique français qui s’est forgé une petite réputation tenace auprès des initiés qui ont pu le (re)découvrir à la télévision ou en VHS, alors qu’il fut largement boudé en salles. Et comme c’est Noël avant l’heure, il est présenté dans une toute nouvelle copie remasterisée! Sera projeté également la version director’s cut du Maître des Illusions (Le) de Clive Barker, encore inédit en salles en France. Puis enfin, qu’est-ce qu’un festival de films de genres sans notre papa à tous (enfin l’un de nos papas), John Carpenter et Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin conçues comme un hommage sincère à tout un pan du cinéma asiatique (de Tsui Hark à Baby Cart), les tribulations de l’inénarrable Jack Burton n’ont rien perdu de leur réjouissant éclat pop, surtout dans leur toute nouvelle version remasterisée.

Le Maître des Illusions (1995) de Clive Barker

Et comme d’habitude, puisque ce festival aime les trucs qui tâchent, il y a la séance interdite, celle de minuit, pour être sur que les enfants soient couchés, et c’est Downrange qui sera projeté, réalisé par Ryûhei Kitamura aux États-Unis, un huis clos à ciel ouvert où il profite d’un pitch aussi simple qu’excitant pour s’adonner à un jeu de massacre émaillé de tous les cadrages imaginatifs et autres travellings acrobatiques que l’on est en droit d’attendre de la part de l’auteur de Midnight Meat Train.

Halala, ça donne envie tout ça! Au plaisir de se croiser à l’une des séances! Bon festival à tou.s.tes!

-Victor Tsaconas-

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